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••• EPISODE 7 •••


Pendant tout l’été, suivez le Festival des Rencontres d’Arles avec SFR Jeunes Talents et le magazine Photographie.com !
Chaque semaine, nous vous révèlerons une anecdote et l’actualité des Rencontres Photo d’Arles dans les colonnes du magazine Photographie.com (Page spéciale Rencontres d’Arles)
À partir du 10 juillet jusqu’au 02 septembre, tentez votre chance pour essayer de gagner toutes les semaines une photographie, signée et numérotée, des artistes lauréats SFR Jeunes Talents Marc Montmeat et Nicola Lo Calzo exposés à Arles cet été et parrainés par le célèbre photoreporter Reza.

POUR PARTICIPER AU CONCOURS,
RENDEZ-VOUS SUR : http://photo.sfrjeunestalents.fr
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NOS ÉTÉS D'ARLES
40 FÊTES DE PHOTOGRAPHIE
- ÉPISODE 8


Selon Yan Morvan, la photo emblématique des 40 ans des Rencontres d’Arles, c’était en 1980 lors d’une stage "Safari Photo" © Yan Morvan

 

À LA RENCONTRE DE LA PASSION

À Arles, ce sont souvent des amateurs qui font les rencontres. Ils partagent avec les pros une même passion pour l’image. Dans le mot amateur il y a la racine du verbe aimer.
Rencontre avec Marc Montméat, lauréat du Grand Prix SFR Jeunes Talents. (Cliquez sur l'image pour accéder à la vidéo)

 

L’INTERNATIONAL DE LA PHOTOGRAPHIE

Si les RIP (Rencontres Internationales de la Photographie ont avec le temps perdu la lettre I, c’est sans doute pour éviter le pléonasme, car les Rencontres sont forcément internationales. Dès le début, il y a déjà plus de quarante ans, ce sont les étrangers - Américains, Suisses ou Japonais, etc. - qui à l’invitation de Lucien Clergue ont fait le succès des rencontres d’Arles. Les Ansel Adams, Max Vadukul, Yousuf Karsh et tant d’autres. Ils ont montré en Camargue que la photographie se partage sans frontières et se passe de traduction.

 


de Gauche à droite : Ansel Adams (1978), Leslie Krims (1976) et Yossuf Karsh (1975) © Georges Tourdjman

 


Max Vudukul, 1987 © Patrice Bouvier

 

Max Vadukul
En 1987, j’ai une exposition à Arles. Trente photos, trente tirages sublimes faits par Pierre Gassmann de Picto. Un galeriste portugais enthousiaste m’approche. Je lui confie les photos. Il disparaît. Je ne le reverrai jamais plus, et les tirages non plus d’ailleurs !

René Burri
En 1957 j’ai rencontré Lucien Clergue chez Picasso et il m’a dit : Je vais bientôt faire des rencontres chez nous à Arles. Peux-tu me donner une photo ? Donc je passe chez lui et je donne une photo. Des années sont passés et il a toujours gardé la photo dans un tiroir. Chaque fois je l’appelais et je lui disais « C’est quand ton truc à Arles ? Et il me répondait : Un jour ça va se faire. » Et voilà que 12 ans plus tard, il a fait les Rencontres photographiques d’Arles. Maintenant il est devenu académicien et il me dit « Tu comprends René, j’ai fait ça pour vous tous ! ».

 


René Burri et Reza à la galerie SFR, Arles 2009 © Photographie.com

 

Réza, retour à Arles

Depuis 20 ans je ne suis pas venu à Arles et ça m’a beaucoup manqué. Je ne sais pas pourquoi je ne voulais pas venir. Dans les années 80, on a monté les premières expositions de photojournalisme sur la place du Forum. Tous les soirs on projetait du photojournalisme. Mais tout le monde disait : « Mais c’est quoi ça ?! C’est du photojournalisme, on ne veut pas de ça ! » Parce que pour les gens, le photojournalisme c’était quelque chose de petit, alors que la photo était de l’art. Et au fond, c’est à partir de cela qu’il y a eu une rupture et la création de Perpignan. Tout cela parce qu’à l’époque, les gens d’Arles ne voulaient pas de photojournalisme. Ils ne voulaient pas comprendre que le monde change, que le monde a changé, que la photographie est différente. Et hop, Perpignan s’est envolé et cela a failli faire tomber Arles ! Pendant plusieurs années Arles a beaucoup perdu et a même failli s’arrêter. Mais, heureusement, le festival a repris. Moi j’aime beaucoup Arles. Je l’aime aussi pour Van Gogh que j’ai découvert en Iran dans un livre. Et quand je venais ici, je donnais des cours de photographie sur la place du Forum, dans une boutique de porcelaine. À l’époque on cherchait à trouver où il avait réalisé son fameux tableau. Et la petite boutique de porcelaine où je donnais tous les ans des cours, c’était le café où Van Gogh a peint.

Propos recueillis par Radina Hristova




... FOCUS sur l'exposition "on a pas tous les jours 20 ans"...

Réalisation de l’exposition ’On n’a pas tous les jours 20 ans’ Rencontre avec Philippe Chapuis (Graphistes Associés)

Derrière les Rencontres d’Arles, il y a des expériences d’accrochage toujours surprenantes qui se renouvellent depuis maintenant 40 ans. L’anniversaire a été célébré dans les grandes largeurs avec l’exposition phare du festival « On n’a pas tous les jours 20 ans ». Réaliser une telle exposition qui court sur près de 200 mètres linéaires et sur 1,6 de hauteur, c’est une expérience d’accrochage inédite qui a été tentée dans des délais extra court. Et elle est réussie si l’on en juge de la fréquentation record de l’exposition ! Philippe Chapuis, des Graphistes Associés nous raconte par le menu cette aventure qui s’incrit finalement dans la tradition arlésienne des Rencontres de la Photographie où l’innovation est permanente. Sans surprise, on apprend que la pointe de technologie utilisé avec sens permet à un public toujours plus nombreux d’appréhender le monde de l’art et de la photographie. Il est certain que cette réalisation exceptionnelle fera date et ce type d’accrochage qui convient à merveille aux anciens Ateliers SNCF devrait assurément initier un nouveau style des Rencontres d’Arles. La formidable exposition « On n’a pas tous les jours 20 ans » dirigée par Christian Caujolle, Jean-Jacques Naudet, Catherine Philippot et Françoise Riss retrace quelques uns des moments les plus forts de l’histoire du festival d’Arles. On saluera également Éva Gravayat et Anaïs Feyeux des Rencontres d’Arles qui ont accompagné avec passion ce projet. Exposition ouverte jusqu’au dimanche 13 septembre 2009 à l’Ateliers de Maintenance SNCF à Arles
(Cliquez sur l'image pour accéder à la vidéo)

 

... FOCUS sur l'exposition "Je suis le chien Pitié"...

Je suis le chien Pitié : la narration dans la photographie ou la place du texte par rapport aux images

Je suis le chien Pitié, le livre de Laurent Gaudé et Oan Kim, écrivain et photographe, est tout autre qu’un simple album photo. Par la narration, les auteurs lient deux procédés d’expression particulières : le texte et l’image, pour créer une troisième forme qui résulte de cet ensemble.

« A photobook is not just a container with photographs » (un livre photo n’est pas un simple recueil de photographies), constate Frits Gierstberg, conservateur au Nederlands Fotomuseum à Rotterdam. Je suis le chien Pitié, un travail de quatre ans et d’amitié entre deux auteurs, est une histoire, une fiction urbaine qui s’éloigne d’un travail documentaire classique. Laurent Gaudé et Oan Kim se rencontrent au lycée à Paris, il y a 20 ans; ils ne se séparerons plus. L’idée d’une collaboration sous une forme inédite, naît de leur amitié. Elle est liée à un questionnement profond : « Quelle est la place du texte par rapport aux images ? » L’enjeu du livre et de son exposition est de mélanger texte et image de manière que les deux ne s’annulent pas. « C’est un exercice compliqué, parce que ce sont deux pôles forts, chacun pour des raisons particuliers qui lui sont propres. Un peu comme des émions : ils ont tendance à s’éloigner, à se rejeter, plutôt qu’à s’assembler. Et c’est cela qui est passionnant », dit Laurent Gaudé. Alors comment faire ? La création du projet commence chronologiquement par la sélection des images. L’écriture de texte suit. Ensuite les deux sont assemblés. Au fur et à mesure des quatre ans d’élaboration, certains images et textes changent, alors que d’autres non. « Il y a 4 ans on a eu trop de photos et trop de texte. Il a fallu ce temps là pour alléger. Il faut faire confiance au silence, faire confiance aux pages blanches, parce qu’il y en a beaucoup dans le livre, faire confiance à cette inspiration là et puis on a envie à tout mettre, quitte à saturer un peu. Avec le temps cela permet aussi de limiter », s’exprime l’écrivain. Dans une collaboration on s’accorde constamment à l’autre et « quand on laisse reposer quelque chose pendant cinq mois, après quand on le reprend, il y a des choses qui sautent aux yeux. Et sur le moment on peut être dans l’énergie, d’avoir envie que cela se passe et on aurait pu valider, parce qu’on a envie de faire plaisir à l’autre. Le temps permet d’éliminer cela. » Pas de chronologie dans les images, contrairement au texte narratif qui a un début et une fin, les photographies peuvent être lues dissociées de l’ensemble ou comme « une association des images au texte, comme des objets isolés ». C’est au lecteur de choisir entre une lecture d’images, propre à un simple livre photo, ou une lecture d’ensemble, lecture linéaire, qu’exige l’œuvre de fiction. Oan Kim et Laurent Gaudé interviennent ensemble sur les textes et le choix iconographique. Le choix des photos s’est fait en fonction d’une grille narrative qui les oriente. « L’histoire est de l’ordre de la narration, très poétique. C’est sur la ville, sur le milieu urbain. C’est une visite à la hauteur du chien. Nous avons eu cette idée de surexposition de lumières ou de noirceur, un traitement particulier de lumières », explique le photographe. Il essaie d’isoler certains éléments et d’avoir un trait lisse, pour pouvoir accentuer la surface et un minimum de détail. Une luminosité presque aveuglante jaillit de ses images. Des séries grises, des paysages urbains, des personnages isolés dans la ville, des photos de trottoir, Oan Kim a parcouru le monde pour réaliser ses photos, la plupart de jour : Paris, New York, Buenos Aires et d’autres villes. Après Arles, les images seront diffusées et vendues par la galerie qui sera ouverte par le directeur de l’agence Myop, dont fait partie Oan Kim, au mois d’octobre à Paris. Je suis le chien Pitié inaugurera la galerie. Le livre prend une autre forme. « Pour l’exposition on a remis tout à plat et on a la liberté de procéder à d’autres jumelages. Au début nous avons reproduit le texte pour replacer le contexte narratif. Dès le début le rapport texte – photo est posé où le texte est l’élément moteur de ce travail. Les images prédominent, alors que le texte est repris comme une couleur, dans le sens où il connote les images », précisent Laurent Gaudé et Oan Kim. Le livre est disponible chez les éditions Actes Sud qu’il faut saluer pour avoir très tôt cru au projet de ces auteurs brillants.