Le travail que je vous propose est une série intitulée « La vie ordinaire d’un homme invisible » qui traite d'un homme, père de famille dans les années 50, qui n'a jamais remis en cause tout ce qu'on lui a inculqué étant jeune, notamment comment doit être et vivre un père de famille modèle. Une belle maison, une bonne situation professionnelle, une belle femme et de beaux enfants… Mais ici tout sonne creux et a l'air factice. Ce personnage est si conventionnel, si attendu et prévisible qu'il en est transparent.
À l’origine de ce travail se situe la volonté de proposer des images dont le niveau de lecture est multiple : doivent-elles être regardées comme des portraits ? Sont-elles des mises en scène de l’objet ou des personnes ? Une approche graphique et esthétique ? Une critique de la consommation avec ces sous-entendus ? L’ensemble sur un fond en papier millimétré bleu propre à l’étude d’un objet, retiré de tout contexte. Ces photographies sont un peu tout cela à la fois car leur sens n’est pas univoque.
Les visages et la mode me captivent, ils forment mon vocabulaire photographique et sont aussi mon répertoire d'inspiration.
Aux travers de mes images, c'est la représentation d'un état émotionnel que je cherche à dépeindre. Dans mes portraits, les femmes que je photographie sont des fleurs silencieuses; surprises dans un instant de grâce émotionnelle, elles se révèlent ambiguës, entre tension et douceur, force et fragilité.
« En se desséchant à l'air libre le collodion, s'il est étalé en surface, donne naissance a une membrane mince, légère et transparente, inerte et sans propriété irritante, insoluble dans 1'eau, souple et rétractile, adhérente aux tissus sous-jacents (pourvu qu'ils ne soient ni gras ni humides) sur lesquels elle exerce une constriction plus on moins énergique, imperméable et dont la ténacité est si grande que le sang, la suppuration et l'humidité même des cataplasmes, tout en la diminuant, ne la font pas cesser d une façon complète. »
En “Rockabilly”, les rockeurs portent des bananes en barbe à papa!
C’est doux et gluant et quoiqu’elle ressemble à de la laine au toucher, cette masse rose devient croustillante au contact de la salive et fond presque instantanément dans la bouche.
J'ai rencontré Charles Gasser (mais tout le monde l'appelle Karl) grâce à Aline Ferrié. Aline est un ex mannequin qui tient une boutique de mode en Allemagne et Karl est son ami depuis des années. Depuis le temps des défilés, des tournages, des shootings.
Karl cherchait un photographe pour refaire son book, pour présenter quelque chose qui impressionne son agence à Munich.
Karl connaît la mode, les agences de mode, les photographes, la photographie de mode. Il collectionne les vêtements.
Moi j'ai le portfolio de Vogue, 90 ans d'audace. Ça devrait aller.
Cette série parle de ‘non réciprocité’ de l’amour. Mais pas seulement de l’amour, elle représente aussi des moments sombres de la vie. On commence à comprendre la vie par la brutalité. Elle a été abandonnée mais elle ne s’abandonne pas. Elle se reconstruit après la tempête. On sait que le printemps reviendra lorsqu’on voit les pétales tomber.
« Lorsqu’on mélange brutalement toutes les couleurs de la palette, quelles qu’elles soient, on finit par obtenir un vert grisâtre que l’on ne peut plus dépasser : Les yeux incertaints de l’homme sont exactement de cette couleur. » Murakami Ryû, La guerre commence au-delà de la mer.
C’est ce vert grisâtre que je n’ai de cesse de chercher dans mon travail, donner à voir cette émotion, combat perdu d’avance qui m’amène à creuser de plus en plus profond dans cet univers obsédant.
Au début il y a cette femme, seule. Qui est-elle ? Qu’attend-elle ? Comment savoir ? On la suit. Personne ne la remarque. Sauf nous. Elle est toujours là, présente, en retrait, elle observe, elle déambule. Nous déambulons, sans but...
Le travail de Maubert joue d’un processus de déterritorialisation permanent. En effet, du cinéma à l’installation, de la photographie aux nouveaux médias, ses images oscillent constamment entre diverses frontières (géographiques ou esthétiques), comme pour mieux les infirmer ou les affirmer.