photographie.com et la galerie Mantoux-Gignac présentent l'oeuvre...
Henri Maccheroni

Notes biographiques

Henri Maccheroni est né à Nice en 1932. Il travaille à Paris depuis 1985.

Dans les années 60, il débute son oeuvre dans la mouvance d'un post-surréalisme bio-morphique abstrait. Pour Edouard Jaguer, Henri Maccheroni dispose alors "d'un poste d'aiguillage isolé, qui ouvre sur de nombreuses voies privilégiées rarement fréquentées parce que difficiles..." (Artitudes International 1972 - Numéro spécial Henri Maccheroni).

En 1963 et 1964, apparaissent avec les "Mondes inachevés", les "Nocturnes" puis les "Bleus et Rouges", les premières séries picturales. Un sérialisme, n'obéissant pas à des modes combinatoires d'ordre mathématique ou raisonné, mais aux règles plus aléatoires du hasard et de la nécessité, va progressivement devenir l'un des moyens essentiel de l'expression du peintre.

A partir de 1970, Henri Maccheroni développe avec ses premières Archéologies, les prémices de son concept "d'archéologie virtuelle" qui engendrera les "Archéologies" blanches, noires , Bronze, "l'espace Malewitch", les "Méditations archéologiques" et aussi, en partie, les objets " Socio-critiques" .

Ces séries révèlent la mise en évidence d'un processus non-anecdotique où la présentation se substituant à la représentation traite fondamentalement de la condition humaine.

L'archéologie virtuelle consiste à prendre des éléments, des objets, des matières et matériaux comme archétypes supposés de notre époque, de notre société. Ils deviennent: fragments, tells et tessons...Leur signification première est déplacée, presque annulée, pour une autre en devenir. L'archéologie virtuelle est ainsi une projection conceptuelle.

En 1973 et parallèlement à ses travaux sur "l'archéologie virtuelle", Henri Maccheroni intervient dans le débat politico-idéologique qui se tient alors dans les mouvements d'avant-garde en créant une série d'objets Socio-critiques (1972-1974) qui en font le fondateur de ce qu'il appellera lui-même l'attitude socio-critique. Les "2.000 photos du sexe d'une femme" seront le point extrème de provocation de ce moment d'intense recherche de l'artiste, pour devenir, 20 années plus tard, la première des "Fondations et des Utopies" série sur laquelle il travaille actuellement .

La violence même et la portée des oeuvres socio-critiques : " l'étagère aux bocaux", "la condition humaine", "les plaques minéralogiques", "les portraits corrigés"..., font de ce travail un authentique projet d'avant-garde dont on voit, notamment en France, se dessiner la descendance.

En 1975, Henri Maccheroni rompt avec ce qu'il reste encore dans son oeuvre du lointain post-surréalisme de ses débuts, et dénonce l'enlissement des nouvelles avants-garde dans des compromis esthétiques, "coups de force prémédités pour introduire la production artistique sur le marché de l'art"...

C'est alors que refusant tout retour à l'esthétisme et n'envisageant la peinture que comme moyen différent de la pensée, il réalise en 1976 les 21 toiles de l'Archéologie du signe, véritable genèse des recherches qui vont suivre. Cette pièce essentielle pour comprendre le développement de l'oeuvre, donne l'ampleur de la rupture profonde de l'artiste avec l'idéologie des modes en vogue à la fin des années 70 et durant la dernière décennie.

Avec son travail sur les "Fondations et les Utopies" Henri Maccheroni étend et amplifie la notion d'archéologie virtuelle aux grandes mythologies de la peinture où la mémoire collective joue le rôle d'un point nodal. Telles sont les séries: "Egypte-Bleu", sur la ville ( NYFT, Manhattan-gris, les stèles et les emblèmes) , les Christs et les Tau...

Dans la solitude de sa création Henri Maccheroni s'est toujours tenu à distance des mouvements, groupes et chapelles. Si, à tel ou tel autre moment de son itinéraire , il s'est attaché à vérifier certaines options des mouvements: Post-surréaliste, Support-Surface, ou sociologique et corporel (body-art), cela a toujours été pour mieux se démarquer des écoles dont il a pu emprunter ponctuellement, ici ou là, certaines voies.

Une telle attitude est un fait rare à notre époque où la reconnaissance d'une oeuvre passe souvent par la facilité qu'elle présente pour entrer dans une classification.

L'oeuvre novatrice d'Henri Maccheroni est difficile. Ses multiples facettes en compliquent et en complexifient l'approche. Dans "Problèmes de l'art contemporain à partir des travaux d'Henri Maccheroni" ( Edition Christian Bourgois - collection Essais 1983 ), Michel Butor a fort bien montré ses aspects difficiles mais aussi donné un ensemble de clés qui rend la compréhension de cette oeuvre plus aisée et souligne justement sa cohérence profonde. LMG - Paris - 1993