Corbis et orbi(s) - Le 15 juin 1999, Corbis annonçait officiellement son arrivée dans le " news business " par lacquisition de Sygma, " la plus grande agence de news au monde " avec 40 millions dimages. Cette acquisition marque un grand virage dans la politique " dattaque " de Corbis pour créer une gigantesque plate-forme digitale. Elle ajoute à son palmarès les archives du photojournalisme et devient ainsi, avec 65 millions dimages, dont deux millions sont déjà accessibles en ligne, la plus grande collection mondiale. Steve Davis aime à rappeler que ce quon appelle " guichet unique " (uniformité dans la manière daccéder aux collections) ne saurait en aucun cas être confondu avec " taille unique " :" Il y aura toujours des spécialistes du photojournalisme, du people, du reportage historique
".
Il na échappé à personne que Corbis sest fait partenaire du 11e festival international du photojournalisme. La confére
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Offensive de charme : Steve Davis par Sylvie Huet
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nce de presse donnée par Steve Davis, président de Corbis le vendredi 3 septembre, était très attendue, et la salle, pour la seule fois sans doute, comble. On avait même entendu parler de certaines offensives prévues de la part des photographes
Nada ! Les deux interventions de poids ont été faites par John Morris, de Time-Life et Corinne Tsévéry, du CFPJ (Centre de formation et de perfectionnement des journalistes) : " Jai limpression en vous écoutant davoir affaire à des multinationales qui sadressent au tiers-monde
". " Je naurais jamais acquis Sygma si je navais pas été convaincu de la qualité de ses reportages, répond Davis (
) Sygma reste Sygma dans Corbis ; nous connaissons les systèmes informatiques mais nous avons beaucoup à apprendre des gens dimage (
) la fusion entre les deux est nécessaire. John Morris, lui, fortement " dérangé " de voir les crédits Corbis apposés aux images sans mention du photographe, a posé la question essentielle de la protection des droits du photographe.
Comment expliquer ce silence consensuel devant le président de Corbis quand dans toutes les réunions il fait la une des conversations ? Une certaine méthode américaine sans doute et le regard dacier de Steve, imprenable. Jean-Marc Smadja, directeur général de Sygma, présent à la table des conférences, na fait aucune déclaration publique. (Dans les coulisses, il se défend davoir perdu sa liberté et les photographes de lagence parlent du respect des tenants de Corbis envers leur travail). On devine donc que Steve Davis a eu le temps, une heure durant, dexposer sa politique de développement et de revenir sur ces " choses quon (lui) fait dire et (quil na) jamais dites ". Il en ressort que le souci n° 1 de Corbis est de " satisfaire la clientèle (
), dinstaurer la plus étroite collaboration entre tous les intervenants, (
) de définir des axes de croissance qui assureront un avenir radieux au photojournalisme ".
Il serait vain de croire que toute la profession craint Corbis comme le " méchant dragon " : Yann Arthus Bertrand a passé un accord avec lagence depuis 5 ans déjà et il affirme quil naurait " jamais pu réaliser ses photographies de la terre vue du ciel sans laide financière du géant " et quil est resté très libre. Pour lui, Corbis représente une chance pour les photographes. Si Göksin Sipahioglu a voulu, et a pu, " garder sa Sipa ", cela ne lempêche pas de reconnaître que " Bill Gates est le premier à avoir su donner une valeur aux archives ". Agnès de Gouvion St-Cyr, quant à elle, incite fortement le photographe à utiliser linformatique (" la tuyauterie ") " tout en gardant son supplément dâme ". Que Dieu Gates lentende !
Quelques points forts de lintervention :
Le but essentiel est dintégrer une activité sur la base dune seule marque, dune seule technologie.
Rien ne serait possible sans dexcellentes images (
) Nous nous consacrons depuis longtemps à la recherche de documents de qualité.
Nous espérons nous concentrer de plus en plus sur les photographes et leur permettre duvrer dans un monde respectueux de leurs droits.
Une synergie sinstaure entre Londres, Paris et New York pour couvrir lactualité internationale.
Nous discutons avec nos clients et pas contre eux.
Lannée dernière, nous avons acheté une petite agence, qui fait travailler 60 photographes réguliers. Nous avons convoqué une réunion où ont été posées les deux questions essentielles : " Que voulez-vous, que voulons-nous ? ". Cest le photographe qui décide de lutilisation de son travail. Jai rencontré chacun deux en réunion privée : 300 heures de réunion pour construire une vraie relation.
Nous sommes accusés de " gigantisme " mais ce nest quen atteignant une taille comme la nôtre que nous pouvons faire les investissements nécessaires et aider les photographes.
* Le livre de John G. Morris, Des hommes dimages " Une vie de photojournalisme ", est paru aux éditions de La Martinière, 1999 pour lédition française. 375 p., 169F.
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