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Prise de vue mondiale - Partenaire de Visa pour la cinquième année consécutive, Kodak témoigne de son soutien aux jeunes talents, notamment dans le domaine du photojournalisme. Le Prix Kodak du Jeune reporter a récompensé depuis 1995 des photoreporters comme Marie Dorigny, Rip Hopkins, Paolo Pellegrin et Lise Sarfati. Il a été attribué pour cette 11e édition à Nicolaï Fuglsig (Rapho) pour son reportage : " Muslumovo, City of death ". Cet intérêt marqué pour le photojournalisme est indissociable pour Kodak dune stratégie de développement à léchelle mondiale de toutes les chaînes argentique et numérique, du boîtier aux imprimantes en passant par les logiciels. Guy Bourreau, directeur de Kodak Professionnel dresse pour Photographie.com un état des lieux.
Comment réagissez-vous par rapport à la sortie du boîtier Nikon D1 ? Nikon est une société qui a une longue histoire dans le monde de la photographie. Elle est en train de développer un équipement qui nest pas disponible sur le marché, et nous nen connaissons pas encore toutes les caractéristiques. Lannonce des prix réalisés par Nikon et des caractéristiques attendues de léquipement crée néanmoins pour nous une nécessité de réaction. Quant à la comparaison des caractéristiques techniques, pour linstant nous navons pas encore établi ce comparatif. Initialement le D1 devait être disponible à la rentrée... Avez-vous en projet des dos amovibles ? Nous navons pas pour linstant le projet de développer les dos numériques en haute résolution. Nous avons fait le choix de boîtiers DCS qui répondent aussi bien aux besoins de prise de vues en studio qu'en extérieur. Le marché du numérique dans le domaine du studio est un marché naissant, contrairement au photojournalisme, plus mature : agences et photographes séquipent déjà depuis plusieurs années. Quel est le plus vendu des boîtiers DCS ? Le plus grand succès en termes de demandes a été le DCS 520. Il a été le premier reconnu dans le monde du photojournalisme, conçu sur une base et une ergonomie traditionnelles, des fonctionnalités simples qui ne bousculaient pas les habitudes de travail des photojournalistes. Son succès est encore plus important que le DCS 620. Qu'en est-il du partenariat entre Kodak et Nikon aujourd'hui ? Nous avons développé une approche dans laquelle notre savoir-faire se définit autour de la fabrication de capteurs. Nous avons travaillé à la fois avec Canon et Nikon, et rien ne remet en cause ce type dalliance. Nous développons des systèmes complets, sachant que nous souhaitons particulièrement différencier notre position - partie logiciels, intégration des fichiers dans les environnements les plus divers. Quelle part représente le marché du numérique ? Traditionnellement, lorsque lon fait des prix, des concours, des bourses, on voit des dossiers purement argentiques, à une exception près dans le cadre de la Bourse du Talent créée pour soutenir de façon trimestrielle les jeunes photographes, en association avec Photographie.com et Picto . Le dossier de Philippe Vitallier a été le seul dossier " pixel " par rapport à la notion de grains dargent, mais cest une tendance que nous verrons se propager dans lavenir. Pour nous, argentique, numérique est le choix du photographe ; ce qui est important pour nous, cest limage. Nous sommes plus vigilants au regard du talent du photographe, quelle que soit lorigine technologique de ses images. Bien entendu, si un jeune photographe reconnu travaille en numérique, il faudra laider dans sa direction de recherche, le consolider dans son équipement. Quelle stratégie Kodak adopte-t-elle pour les différentes régions du monde et les acteurs de l'image ? Il y a des zones qui sont, en terme de marché, développées différemment : en ce qui concerne le marché chinois, nous privilégions la maturité photographique sur le plan de largentique. Nous créons des usines pour répondre à ces besoins, usines de fabrication de papier
Néanmoins, le développement du numérique impose une approche globale du marché, et pour ce faire, nous adoptons une stratégie de développement unique. Quelles sont les apports de Kodak pour cette chaîne ? Nous agissons en mettant sur le marché un certain nombre de solutions, logiciels de calibration couleur (Color Flow), et de gestion sur lensemble de la chaîne avec des produits comme Visual Asset Management, adaptés aux différents besoins, particulièrement ceux des photothèques. Quelles sont vos priorités dans le domaine de l'impression ? Kodak est depuis plusieurs années positionnée sur les consommables jet dencre, encre et papier, que lon trouve dans les canaux de distribution grand public, dans les différents formats et pour différents fabricants. En ce qui concerne la notion de sortie de fichiers numériques dans le monde professionnel, il faut différencier les besoins : il se fait une segmentation à la fois par la qualité et la quantité, et la productivité. Il existe dautres besoins de sorties numériques avec moins dimages à imprimer avec des besoins qualitatifs différents. La solution photographique la meilleure actuellement reste bien sûr limpression thermique. La qualité de la chaine numérique rivalise-t-elle avec une recherche toujours croissante dans le domaine de largentique ? Un des aspects du numérique est quil sest dabord développé là où le besoin de diffusion était le plus important, cest-à-dire là où la valeur ajoutée de la capture et de la transmission immédiate était la plus forte. Cela donne cette impression dun numérique qui favorise avant tout la rapidité. Kodak a une technologie de capteurs qui lui permet daller bien plus loin, la question étant toujours davoir le meilleur rapport entre la vitesse dacquisition de limage et sa qualité. Pour un studio, cette notion de rapidité nexiste pas. A des besoins différents nous répondons par des produits différents, mais nous ne privilégions pas un développement par rapport à lautre. Sur le plan de largentique, des progrès énormes ont été réalisés depuis cinq ans sur les émulsions, en particulier couleur, en inversible ou négatifs. Kodak a continué à investir et laissé de côté un certain nombre dautres produits de génération plus ancienne. Il y a en ce moment des sauts technologiques qui vont contribuer à réduire le nombre dacteurs fournisseurs de films. Mais les marchés les plus dynamiques sont les plus concurrentiels, il y a toujours une saine concurrence ! La politique culturelle développée par Kodak évolue, quelles sont ses nouvelles directions ? Les éléments fondamentaux de notre politique en matière de communication sinscrivent dans lévolution du marché. Cette évolution se fait par larrivée des nouveaux acteurs que sont les jeunes photographes et nous la développons à travers la Bourse du Talent, le Prix Kodak de la Critique et ici même à Visa, le Prix Kodak du Jeune reporter. Ces photographes sont en devenir sur le plan de la maturité photographique. Premier axe : laspect jeune. Deuxième axe : la transition de largentique vers le numérique. Il faut que nos interventions soient un peu plus orientées vers le numérique que dans le passé. A côté de cela nous avons à gérer limage de marque de Kodak autour des grands noms de la photographie ou des grands événements. Visa pour limage contribue à la présence de la marque dans le monde du photojournalisme et illustre notre volonté dêtre présents sur ce segment de marché. Notre présence lannée dernière sur le prix Niépce et le développement de nos opérations de communication avec un photographe comme Salgado, qui aura lannée prochaine de très grandes expos à travers le monde, contribue à notre image plus largement : vers les photographes auteurs ayant une maturité photographique. Un autre type de communication se décline au niveau corporate pour Kodak, et les jeux olympiques restent en cela un vecteur de communication fondamental, qui touche à la fois consommateurs et professionnels : à Sydney nous assurerons tous les services attendus par les professionnels. Nous arrivons à la clôture du siècle, Kodak représente un pan entier de la photographie. Quelle est sa plus grande fierté dans ce siècle ? Cest une question quil faudrait poser à George Fisher mais je donnerai une réponse personnelle, et non celle dun représentant officiel de Kodak. Je pense quil faut se projeter un siècle en arrière, et penser à ce quavait fait George Eastman : il a rendu la photographie simple à utiliser, économique, avec une approche immédiatement mondiale. Il a choisi le nom de " Kodak " pour sa simplicité et le fait quil pouvait se prononcer facilement dans toutes les langues. Si je veux retenir un élément important de notre action aujourd'hui, cest quelle sinscrit sur les mêmes valeurs : lapport sur le marché de solutions innovantes, de haute qualité et avec une vue mondiale : finalement les bonnes idées traversent le temps. Une image marquante ? On a beaucoup travaillé avec la NASA. Une chose ma fortement impressionné durant ces quarante années passées sur terre, cest quon soit allés là-haut. Si jai une image à lesprit, cest celle de la terre vue de la lune. Passionné de Paul Eluard quand jétais adolescent, javais toujours cette vision poétique de la terre bleue comme une orange. Voilà !
Quel est votre sentiment sur les images que nous voyons à Perpignan ? Visa est là pour nous rappeler que ce nest pas gagné. Le merveilleux reportage de Nicolaï Fuglsig qui a été réalisé avec le film T 400 CN, et en même temps les photographies " marketing " de Greenpeace montrent quon ne reste pas inactifs et insensibles à ce qui se passe sur cette terre. Dans un autre ordre didées, jai eu des coups de cur, notamment pour les travaux de Marie-Paule Nègre, Ralph Morse, Letizia Battaglia Globalement, les expositions sont de grande qualité, on a là un événement multiple, qui sadresse à des sensibilités différentes. Cest le pari insensé qua relevé Jean-François Leroy : cest un grand coup de chapeau que je lui rends de réunir toutes ces photographies quon ne voit pas forcément dans tous les magazines, et souvent de façon parcellaire. Recueilli par Didier de Faÿs et Sylvie Huet
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