Le regard a-t-il un sexe, une race ? Non, bien sûr, pourtant l'origine culturelle du photographe façonne assurément le regard. Et celui porté sur l'Afrique a créé depuis l'expansion coloniale européenne tous les clichés portés sur le continent. Car c'est le photographe –celui qui documente– qui écrit l'Histoire.
Depuis les Rencontres de Bamako notamment avec l'engagement de Françoise Huguier, la photographie vibre depuis l’Afrique et vers le monde. Le festival devenu majeur permet les croisements où des photographes brésiliens et maliens, sans parler une même langue, discutent des épices qu'ils partagent sur leurs photographies. Il y a eu l'extraordinaire aventure de la Revue noire si révélatrice de la culture dynamique africaine.
L’ethnocentrisme photographique occidental n’a plus aucun sens dans ce nouveau siècle grâce à ces générations de photographes d’Afrique ou d’ailleurs qui sont devenues majeures.
Pour célébrer le grand A  d’Arles, Christophe Wiesner pour sa première édition officielle en tant que directeur, invite toute l’émergence de la photographie. Et parmi elles, il y a celle des regards venus d’Afrique du Sud, du Soudan ou l'état d'esprit des villes hybrides africaines. Les galeries de la ville ne sont pas en reste avec en figure de proue la Grande Vitrine rassemble une génération de jeunes photographes qui prennent en main leur destinée. Nous racontons notre histoire avec nos propres mots et notre propre sensibilité dit Alun Be. En dansant le Sabar –une danse sénégalaise réservée aux femmes– les autoportraits de Gabriel Dia présentés dans une intense vidéo, soulèvent la question de la condamnation de l'homosexualité au Sénégal.